Ryanair va réduire drastiquement son offre en Belgique dès la saison hivernale : la compagnie à bas coûts a annoncé mardi la suppression de 20 destinations au départ de Bruxelles (Zaventem) et Charleroi, la suppression de six avions basés en Belgique et la perte de 1,1 million de sièges sur son réseau national.
Une décision liée à la hausse de la taxe fédérale
La direction de Ryanair justifie ce retrait par l’augmentation de la taxe sur les billets d’avion décidée au niveau fédéral : la taxe passera, à partir du 1er janvier, de 2 à 7 euros par billet, soit une hausse de 250 %. Le CEO Michael O’Leary a présenté cette mesure comme la cause principale du repli de l’offre depuis la Belgique.
« Taxer le trafic aérien n’apporte pas de croissance, mais le déporte ailleurs », a déclaré Michael O’Leary, qualifiant l’initiative de « ratée et stupide du Premier ministre Bart De Wever ».
Conséquences à Zaventem et Charleroi
À Zaventem, Ryanair supprime sept destinations et ne conserve qu’une seule liaison : Dublin. Les lignes fermées depuis Zaventem sont :
| Statut | Destination (Zaventem) |
|---|---|
| Supprimée | Barcelone |
| Supprimée | Madrid |
| Supprimée | Malaga |
| Supprimée | Marrakech |
| Supprimée | Porto |
| Supprimée | Rome |
| Supprimée | Valence |
| Conservée | Dublin |
À Charleroi, la flotte sera réduite pour la saison hivernale et stabilisée à 13 avions. Ryanair y supprime 13 liaisons et conserve 75 routes. Au niveau de l’emploi, la décision entraîne la disparition de 200 postes basés à Charleroi ; la compagnie indique toutefois que les pilotes, stewards et hôtesses concernés pourront, selon elle, être rebasés vers d’autres bases du groupe.
Impacts économiques et réactions attendues
- Offre réduite : -1,1 million de sièges sur le marché belge selon Ryanair.
- Flotte : retrait net de six appareils basés en Belgique.
- Emploi : suppression annoncée de 200 postes à Charleroi.
Michael O’Leary a en outre évoqué, comme levier de négociation, un plan de croissance sur sept ans : si la Belgique revenait sur la taxation, Ryanair affirme qu’elle pourrait ouvrir 100 nouvelles destinations et créer, d’après la compagnie, 1 000 emplois. Ce chiffrage figure dans la présentation publique du groupe et sera probablement utilisé dans les discussions politiques et économiques à venir.
Du côté des autorités fédérales et des gestionnaires d’aéroports, la décision de Ryanair pose des questions sur la compétitivité de la desserte belge et sur la capacité des politiques publiques à concilier objectifs climatiques et maintien du trafic aérien. La taxe majorée fait partie d’un ensemble de mesures fiscales visant à intégrer le coût environnemental du transport aérien dans la tarification mais se heurte désormais à une réaction immédiate d’un acteur majeur du marché.
Un feuilleton qui ne fait que commencer
La réduction d’offres de Ryanair intervient après des menaces similaires au cours de l’été, lorsque la compagnie avait annoncé l’intention de retirer cinq avions de Charleroi et de diminuer plusieurs millions de sièges en Belgique si la mesure fiscale entrait en vigueur. La mise en œuvre effective des suppressions annoncées doit coïncider avec le début de la saison hivernale, annoncé comme imminent par la compagnie.
Les prochains jours permettront d’observer la réaction des autorités fédérales, des gestionnaires d’aéroports et des autres compagnies, ainsi que l’impact concret sur les passagers concernés par ces suppressions de vols.