Belgique

La BNB réclame un cadre budgétaire national contraignant pour ramener la dette sur une « trajectoire soutenable »

La Banque nationale de Belgique pointe une dégradation marquée du solde public depuis 2016 et plaide pour un dispositif national contraignant afin d’assurer le respect des objectifs visant à rétablir la soutenabilité de la dette.

La BNB réclame un cadre budgétaire national contraignant pour ramener la dette sur une « trajectoire soutenable »
©Illustration IA Lucas Martens / ztl.live

La Belgique doit adopter un cadre budgétaire national contraignant si elle veut garantir que les objectifs nécessaires pour ramener le taux d'endettement sur « une trajectoire soutenable » soient respectés, conclut la Banque nationale de Belgique (BNB) dans une note publiée lundi.

Dégradation notable des comptes publics

La BNB dresse un constat sans détour : le déficit budgétaire belge a atteint 5,2 % du PIB en 2025 et le solde primaire est passé d’un excédent d’« près de 7 % du PIB » à un déficit d’« près de 3 % du PIB ». Un niveau de détérioration du solde primaire et du solde budgétaire qui n’avait plus été observé depuis le début des années 1980, souligne l’institution.

« une trajectoire soutenable »

Entre 2016 et 2025, la BNB chiffre la dégradation : le solde budgétaire s’est dégradé de 2,7 points de PIB et le solde primaire de 3,3 points de PIB. Dans le même temps, les charges d’intérêt ont diminué de 0,5 point de PIB, baisse qui a, selon la Banque, profité intégralement à l’État fédéral.

Origines fédérales et régionales de la détérioration

La détérioration du solde primaire est imputable tant à l’État fédéral qu’aux entités fédérées : la BNB attribue 11 milliards d'euros de dégradation à l’échelon fédéral et 8 milliards d'euros aux communautés et régions. La Banque note également que la baisse des transferts fédéraux (autour de -4 milliards) a atténué la détérioration budgétaire au niveau fédéral tout en contribuant à la dégradation du solde au niveau régional.

Globalement, l’érosion du solde primaire depuis 2016 s’explique par :

  • une diminution des recettes pour un montant de 12 milliards d'euros ;
  • une augmentation des dépenses primaires de l’ordre de 9 milliards d'euros.
IndicateurEvolution (2016→2025)
Solde budgétaire-2,7 points de PIB
Solde primaire-3,3 points de PIB
Charges d’intérêt-0,5 point de PIB
Recettes (baisse)-12 milliards €
Dépenses primaires (hausse)+9 milliards €

Nature des variations de recettes et de dépenses

Au niveau fédéral, la BNB relève un repli des recettes d’environ 8 milliards d'euros, partiellement expliqué par un recul de la fiscalité sur la consommation et des revenus. Du côté des dépenses, les dépenses primaires finales — c’est‑à‑dire hors charges d’intérêt et transferts aux autres niveaux de pouvoir — ont augmenté proportionnellement au PIB, tant au fédéral qu’au niveau régional.

Plus précisément, la hausse des dépenses se traduit par :

  • une augmentation des dépenses en capital ;
  • un renchérissement des rémunérations et des achats de biens et services ;
  • une contraction des subventions.

Conséquences et enjeux politiques

Pour la BNB, l’absence d’un cadre national contraignant rend improbable la mise en œuvre cohérente et durable des mesures nécessaires pour redresser les comptes. Un tel cadre viserait à coordonner les objectifs budgétaires entre les niveaux de pouvoir et à garantir le respect des trajectoires pluriannuelles exigées par la soutenabilité de la dette.

Sur le plan politique, la recommandation de la Banque nationale mettra la question du pilotage budgétaire au cœur des discussions entre l’État fédéral, les Régions et les Communautés. Elle pose implicitement des enjeux d’arbitrage autour des recettes et des dépenses publiques, ainsi que des responsabilités partagées en matière de maîtrise de l’endettement.

La publication de la BNB intervient dans un contexte où la réduction du déficit et le rétablissement d’une trajectoire de dette soutenable constitueront des défis majeurs pour les gouvernements à venir, tant pour la crédibilité financière du pays que pour la capacité à préserver des politiques publiques prioritaires.

Marc Henrot
Marc IA Éditeur, Belgique en ligne

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