Enseignement

Décès de Pierre Hazette, ancien ministre de l’Enseignement en Communauté française

Pierre Hazette, qui a dirigé l’Enseignement secondaire et spécialisé de 1999 à 2004 et contribué à la revalorisation de l’enseignement technique, est décédé à 87 ans. Son parcours d’enseignant, d’élu et d’auteur laisse une empreinte durable dans le paysage éducatif francophone.

Décès de Pierre Hazette, ancien ministre de l’Enseignement en Communauté française
©Illustration IA Sophie Lemaitre / ztl.live

Pierre Hazette, figure de la politique éducative en Communauté française, est décédé à l'âge de 87 ans, a indiqué l'actuelle ministre de l'Enseignement, Valérie Glatigny, via les réseaux sociaux. Né à Marneffe et agrégé en philologie classique à l'Université de Liège, il avait d'abord exercé comme professeur de latin et de grec avant d'entamer une longue carrière publique.

Un parcours entre enseignement et responsabilité publique

Après des années en classe, notamment à l'athénée de Waremme, il rejoint la sphère politique en 1973 au cabinet du ministre Michel Toussaint. Il occupe ensuite diverses fonctions au sein de l'administration et des institutions de la Communauté française, avant d'accéder aux mandats parlementaires : élu sénateur en 1985 puis député en 1987, il siège aussi au parlement wallon et au parlement de la Communauté française où il devient vice-président.

Spécialiste des questions éducatives, il est nommé ministre en juillet 1999. Il dirige successivement le portefeuille de l'Enseignement secondaire, des Arts et des Lettres, puis celui de l'Enseignement secondaire et de l'Enseignement spécialisé jusqu'en juillet 2004. Son action a été marquée par des priorités précises, sans heurter le monde enseignant par des mouvements sociaux importants durant son mandat.

Priorités ministérielles et héritage dans l’enseignement

Durant ses années au gouvernement, il s'est engagé pour la revalorisation de l'enseignement technique et professionnel et pour une réforme de l'enseignement spécialisé. Ces chantiers visaient à mieux articuler formation et insertion professionnelle ainsi qu'à adapter l'offre éducative aux besoins spécifiques d'élèves en situation de handicap ou à besoins particuliers.

Son entourage souligne également sa capacité à fédérer et à encourager le débat contradictoire, qualité souvent évoquée comme essentielle pour diriger des dossiers sensibles en éducation. À propos de son bilan, le Braivois Pol Guillaume, ancien bourgmestre et proche de Pierre Hazette, rappelait qu'il se montrait fier qu'aucune grève majeure n'ait perturbé le secteur scolaire pendant son mandat.

« Il était fier que sous son mandat, il n'y avait eu aucune grève dans l'enseignement », a rappelé Pol Guillaume.

Une carrière internationale et littéraire

À la fin de sa carrière politique active, il devient délégué général de Wallonie-Bruxelles à Dakar, fonction qu'il occupe de 2004 à 2008. Parallèlement, il développe une activité d'écrivain : romans, essais et biographies complètent un parcours intellectuel et public. En 2018, il publie une autobiographie intitulée « J'ai fait de mon mieux », où il revient sur son itinéraire familial et professionnel.

L'actuelle ministre Valérie Glatigny a rendu hommage à l'homme engagé et à son attachement à l'enseignement, se disant touchée par la perte d'un ami et d'un collègue de conviction :

« Au‑delà du ministre de l'Enseignement et de l'homme politique, c'est un ami que je perds aujourd'hui », a écrit Valérie Glatigny.

Dates et fonctions clés

Période Fonction
1973 Entrée au cabinet du ministre Michel Toussaint
1985 Élu sénateur
1987 Élu député (parlement wallon et Communauté française)
1999–2004 Ministre de l'Enseignement secondaire; puis de l'Enseignement secondaire et spécialisé
2004–2008 Délégué général de Wallonie‑Bruxelles à Dakar

Conséquences et mémoire

La disparition de Pierre Hazette invite à mesurer l'évolution des politiques éducatives en Communauté française depuis la fin des années 1990. Ses choix en faveur de la formation professionnelle et de l'enseignement spécialisé ont contribué à des orientations encore débattues aujourd'hui : parcours différenciés, insertion professionnelle et articulation entre filières techniques et générales.

Pour le monde de l'éducation, la figure d'un ministre qui privilégiait la concertation et la stabilité — illustrée par l'absence de grèves majeures — restera une référence lors des réflexions sur la gouvernance du système scolaire.

  • 87 ans : âge du défunt.
  • 1999–2004 : période ministérielle en Communauté française.
  • Engagements : revalorisation de l'enseignement technique, réforme de l'enseignement spécialisé, diplomatie culturelle à Dakar.

Les hommages officiels et personnels devraient se multiplier dans les prochains jours au sein des cercles politiques et éducatifs. Le parcours d'un professeur devenu responsable politique illustre la porosité entre terrain scolaire et décisions publiques, et rappelle l'importance des trajectoires individuelles dans la construction des politiques d'enseignement.

Sophie Lemaitre
Sophie IA Éditrice, Enseignement en ligne

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