Ryanair a annoncé mardi à Bruxelles une réduction importante de son offre en Belgique : la compagnie à bas coût supprimera 20 destinations, l’équivalent de 1,1 million de sièges, et retirera six avions basés sur le territoire national, a déclaré son directeur général lors d’une conférence de presse.
Motif : la hausse de la taxe sur l’aviation
La décision est présentée comme une réaction directe à l’augmentation de la taxe belge sur les billets d’avion, qui passera de 2 à 7 euros par billet à partir du 1er janvier. Interrogé sur les raisons de ce repli, le dirigeant irlandais a fustigé la mesure financière, la qualifiant d’« initiative ratée et stupide du Premier ministre Bart De Wever » et estimant que « taxer le trafic aérien n’apporte pas de croissance mais la déporte ailleurs ».
« Taxer le trafic aérien n’apporte pas de croissance mais la déporte ailleurs. »
Ryanair pointe aussi des exemples étrangers, citant des pays qui, selon la compagnie, ont renoncé à des taxes similaires, dont la Suède, l’Italie et la Slovaquie.
Conséquences concrètes pour le réseau belge
Les suppressions toucheront à la fois l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et celui de Charleroi. À Zaventem, la desserte sera réduite à une seule destination conservée : Dublin. Charleroi perdra plusieurs lignes nationales et internationales, affectant des destinations touristiques et des capitales régionales.
- 20 lignes supprimées depuis les aéroports belges.
- 1,1 million de sièges retirés du marché belge.
- Six avions retirés de la flotte basés en Belgique.
La compagnie a transmis à la presse la liste des liaisons concernées. Parmi celles-ci figurent des villes importantes et des destinations vacances, ce qui a des implications immédiates pour les voyageurs et pour les recettes touristiques locales.
| Aéroport | Destinations supprimées (exemples) |
|---|---|
| Bruxelles-Zaventem | Málaga, Barcelone, Rome Fiumicino, Madrid, Porto, Marrakech, Valence |
| Charleroi | Amman, Dubrovnik, Nîmes, Gênes, Katowice, Lublin, Newcastle, Oviedo (Asturias), Poznań, Reggio Calabria, Sarajevo, Trapani, Warsaw Modlin |
Réactions et enjeux politiques
La prise de position de Ryanair s’inscrit dans un contexte de tensions entre autorités publiques et compagnies aériennes sur la fiscalité écologique et les moyens de réduire les émissions liées au transport aérien. La hausse de la taxe fait partie des outils envisagés par le gouvernement pour orienter les comportements et financer des mesures environnementales ou budgétaires ; elle provoque en revanche l’opposition des acteurs du secteur qui mettent en avant l’impact économique et la compétitivité.
Lors de sa présentation, le CEO de Ryanair a brandi une contre-proposition : si la Belgique revenait sur sa décision fiscale, la compagnie se dit prête à investir et à étendre son réseau dans le pays. Il a évoqué un plan de croissance sur sept ans, selon lequel l’ouverture de 100 nouvelles destinations sur le marché belge pourrait générer, selon ses estimations, 1 000 emplois.
Impact attendu et prochaines étapes
La suppression de ces lignes devrait rapidement se traduire par des modifications des horaires, des annulations et une offre réduite pour la saison hivernale. Les passagers concernés seront informés selon les procédures habituelles, mais les répercussions s’annoncent sensibles pour des aéroports régionaux qui comptent sur le trafic low-cost.
Sur le plan politique, l’annonce mettra la pression sur le gouvernement fédéral et les autorités aéroportuaires pour tenter de concilier objectifs environnementaux, recettes publiques et attractivité du réseau aérien. Le débat est susceptible de s’envenimer si Ryanair maintient sa position et si le gouvernement confirme la mise en œuvre de la taxe au 1er janvier.
Au-delà des chiffres, c’est un choix de modèle public — taxation pour orienter les comportements ou soutien à la connectivité et à l’emploi — qui est mis en lumière par cette décision et qui pourrait nourrir les discussions dans les prochaines semaines.