Le ministère français de la Santé a annoncé mercredi la création d’un observatoire de la désinformation en santé, destiné à « documenter le phénomène », détecter les signaux émergents et diffuser des informations scientifiques vérifiées, a indiqué le cabinet ministériel.
Un outil promis depuis plus d’un an
Présentée comme une priorité en janvier par la ministre Stéphanie Rist, la structure est le premier instrument concret issu de la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. L’annonce fait suite à une première promesse formulée en avril 2025 par l’ancien ministre Yannick Neuder, reprise ensuite par l’équipe actuelle.
Le ministère explique que la désinformation en santé — qu’il s’agisse de la vaccination, du cancer ou de l’alimentation — constitue « un phénomène massif » susceptible de détourner des patients du soin ou d’alimenter la défiance envers des traitements reconnus.
Missions et moyens
L’observatoire aura plusieurs missions :
- assurer une veille continue sur les contenus et tendances erronées en matière de santé ;
- publier des baromètres et des travaux de recherche documentant l’ampleur et l’évolution du phénomène ;
- animer des groupes de travail et s’appuyer sur une expertise scientifique indépendante pour qualifier les signaux détectés.
Il s’appuiera par ailleurs sur un dispositif d’infovigilance, annoncé lui aussi en janvier, chargé d’organiser la « riposte » aux fausses informations en diffusant des réponses accessibles via le site Santé.fr et par des contenus dédiés sur les réseaux sociaux.
« La désinformation n'est pas juste un sujet de communication mais un enjeu de santé publique », assure le cabinet de Stéphanie Rist.
Le ministère a précisé avoir privilégié la plateforme TikTok, via le compte « Le CheckUp », pour toucher notamment un public jeune : ce réseau social est considéré comme rassemblant « le plus de cas de désinformation » selon le cabinet.
Perception du public : un phénomène ressenti
Pour étayer le lancement, le ministère a diffusé les résultats d’un sondage en ligne réalisé du 6 au 12 mars auprès d’un échantillon d’environ 2 000 personnes. Il en ressort que :
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Exposition à des informations fausses en santé | 38 % au moins une fois par mois |
| Exposition au moins une fois par semaine | 18 % |
Ces chiffres illustrent, selon le ministère, la fréquence perçue de la désinformation et la nécessité d’un outil centralisé pour la combattre.
Communication et budget
Sur le plan opérationnel, le cabinet a indiqué que la « riposte » se déploierait via des contenus sur Santé.fr et les comptes officiels sur les réseaux sociaux. En revanche, aucune enveloppe budgétaire spécifique n’a été allouée d’emblée au dispositif : la veille et les premières actions seront opérées « au sein » des structures existantes, selon le communiqué.
Le lancement intervient en plein mois d'Octobre rose, période de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Le ministère a précisé vouloir diffuser des informations fiables sur ce cancer, jugé particulièrement vulnérable aux rumeurs et aux pratiques non validées — du dépistage aux traitements en passant par les effets secondaires.
En présentant l’observatoire, le gouvernement français mise sur une combinaison d’expertise scientifique, de veille technologique et de communication ciblée pour tenter d’enrayer la propagation de contenus erronés ou trompeurs en matière de santé. Reste à mesurer, dans les prochains mois, l’efficacité concrète de l’outil et sa capacité à limiter l’impact de la désinformation sur les comportements de santé.