Le bourgmestre de Liège a présenté lundi soir devant le conseil communal un bilan chiffré des troubles liés aux mobilisations étudiantes, défendant l’ordonnance municipale prise le 7 octobre et appliquée, selon lui, pour interdire les rassemblements de plus de trois personnes entre le 8 et le 16 octobre. Il a fait état de 327 arrestations depuis le 1er octobre, de 43 commerces touchés et de 44 policiers blessés.
Un dispositif restrictif assumé par la majorité communale
Le bourgmestre a expliqué que la mesure visait à prévenir la constitution de « groupes de plusieurs centaines de personnes » et à répondre à des « violences croissantes » qui, selon lui, ont débouché sur des scènes d’émeutes et de pillage. Il a défendu une stratégie qu’il jugea « proportionnelle et graduelle » pour rétablir l’ordre.
« Force est de constater que cela a fonctionné. »
En parallèle, le collège communal a présenté une estimation des dégâts causés au mobilier urbain : un montant évalué à 200 000 euros, somme qui correspond, selon l’exposé, au budget annuel habituellement alloué à ce poste. Le bilan inclut également des dommages aux équipements d’affichage (JCDecaux et Letec) et la détérioration de dix véhicules de police.
Questions politiques et demandes d’éclaircissements
Plusieurs groupes du conseil communal ont interpellé le collège sur la gestion de la crise. Caroline Saal, cheffe de groupe Vert Ardent, a demandé des clarifications à propos de témoignages évoquant des pratiques policières potentiellement abusives — notamment l’usage de gaz lacrymogènes et d’autopompes — et s’est inquiétée des conséquences pour des mineurs et des passants. Elle a également réclamé la mise en place d’un guichet unique pour accompagner les commerces touchés.
De son côté, Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB, a pointé l’insuffisance des réponses politiques aux revendications des jeunes, citant en exemple les questions relatives aux transports en commun, et a demandé que leurs revendications soient entendues. À l’inverse, Diana Nikolic (MR) a exprimé son soutien au bourgmestre et aux forces de l’ordre.
Un dossier qui mêle sécurité, dégâts et enjeux sociaux
La présentation du bourgmestre met en relief les tensions entre nécessité d’assurer l’ordre public et attente d’une réponse politique aux motifs de la mobilisation étudiante. Le conseil communal est appelé à confirmer l’ordonnance du 7 octobre, acte formel qui vise à légitimer le cadre d’intervention appliqué au cours des jours précédents.
- 327 : arrestations déclarées depuis le 1er octobre.
- 43 : commerces touchés par des dégradations.
- 44 : policiers blessés au cours des incidents.
- 200 000 € : dégâts estimés au mobilier communal.
- 10 : véhicules de police endommagés.
Ce serrage de vis local soulève plusieurs interrogations pratiques et politiques : comment concilier le droit de manifester et la protection des biens et des personnes ? Quelles réponses concrètes pour les commerçants victimes de pillages ? Et comment engager un dialogue constructif avec les jeunes tout en garantissant la sécurité publique ?
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Arrestations | 327 |
| Commerces touchés | 43 |
| Policiers blessés | 44 |
| Dégâts mobilier communal | 200 000 € |
| Véhicules police endommagés | 10 |
En tant qu’éditrice couvrant le champ de l’enseignement, il est essentiel de souligner que ces événements ne se résument pas à un face-à-face entre forces de l’ordre et manifestants : ils révèlent aussi des enjeux profonds liés à l’accès aux services, aux conditions de vie des jeunes et à la capacité des autorités locales à proposer des réponses à la fois fermes et dialoguées. Le conseil communal devra trancher sur la confirmation de l’ordonnance, mais la gestion de la contestation fera l’objet d’un examen plus large, à la fois politique et social, dans les semaines à venir.