L’Académie des sciences a rendu publique, le 20 octobre, sa désapprobation à propos d’un colloque consacré à Jacques Bainville qui s’est tenu le 9 octobre dans des locaux annexes de l’Institut de France. La déclaration a été lue à l’occasion de la séance solennelle de rentrée des cinq académies sous la Coupole.
Une prise de position formelle lors de la rentrée solennelle
La lecture du texte a souligné le rôle historique de l’Institut de France, institué en 1795 « pour réunir les savoirs et les talents dans une grande institution républicaine, héritage des Lumières ». L’Académie des sciences rappelle que l’indépendance des cinq académies est garantie par la loi, mais que cette indépendance ne gomme ni « notre histoire commune, ni notre responsabilité collective, ni nos valeurs ».
Au nom de cette responsabilité, l’Académie « souhaite exprimer aujourd’hui sa profonde désapprobation ». Le motif : l’organisation, le 9 octobre, d’un colloque consacré à Jacques Bainville, présenté par les organisateurs comme un hommage à cet « journaliste, historien et académicien », mais aussi comme une manière de « montrer toute l’actualité de sa pensée et de sa méthode » pour analyser les défis contemporains.
« L’Académie des sciences dénonce l’hommage rendu à cette figure de la droite extrême, antisémite et xénophobe. »
Contexte des organisateurs et limites invoquées
Le colloque avait été organisé en association avec le Cercle de Flore et la Nouvelle Revue Universelle, deux structures que le texte qualifie de proches de l’Action française. L’Académie précise que sa condamnation ne vise pas à remettre en cause la liberté de la recherche, mais qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une vigilance portée par les événements actuels.
- Date de l’événement contesté : 9 octobre (colloque consacré à Jacques Bainville).
- Lecture publique de la protestation : 20 octobre, lors de la séance solennelle de rentrée des cinq académies.
- Organisateurs associés : Cercle de Flore et Nouvelle Revue Universelle (proches de l’Action française selon le texte).
Enjeux : mémoire, institutions et usage des lieux
La prise de position interroge la manière dont sont utilisés les locaux et annexes de grandes institutions savantes pour des manifestations organisées par des tiers. En rappelant l’héritage républicain et les valeurs des Lumières, l’Académie des sciences met en avant une responsabilité morale et symbolique liée à l’usage de l’espace institutionnel.
La référence explicite à l’antisémitisme et à la xénophobie associée à la figure de Bainville situe la protestation dans un registre éthique et mémoriel : il ne s’agit pas seulement d’un débat académique sur une œuvre ou une méthode, mais d’une réaction à l’hommage rendu à une personnalité dont l’action et les idées sont qualifiées par l’Académie comme relevant de l’extrême droite.
| Élément | Information |
|---|---|
| Événement contesté | Colloque consacré à Jacques Bainville (9 octobre) |
| Réaction officielle | Lecture du texte de l’Académie des sciences (20 octobre) |
| Organisateurs associés | Cercle de Flore, Nouvelle Revue Universelle |
La déclaration met en lumière une tension entre liberté académique et responsabilité morale des institutions. Elle devrait relancer le débat sur les règles d’accès et de mise à disposition des locaux de l’Institut de France, ainsi que sur la manière dont les académies entendent préserver leurs valeurs collectives face aux sollicitations extérieures.
Cette réaction publique, prononcée lors d’un acte solennel réunissant les cinq académies, confère une portée particulière au signalement : il ne s’agit pas seulement d’un avis interne, mais d’un message adressé à l’ensemble de la communauté intellectuelle et au public sur les limites que l’Académie des sciences estime devoir être respectées.