Olivia Colman et Alexander Skarsgård se donnent la réplique pour la première fois dans Wicker, présenté à l'occasion de la 70e édition du Festival du film de Londres. Adaptation d'une nouvelle d'Ursula Wills-Jones signée par Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson, ce film s'apparente à une fable morale où se mêlent étrangeté et émotion.
Un duo improbable au service d'un conte
Le film raconte, selon les éléments communiqués lors des rencontres de presse, l'histoire d'une pêcheuse marginalisée par sa communauté qui décide d'épouser un homme en osier animé par la magie d'un vannier. Le propos, apparemment simple dans son principe, repose sur l'alchimie entre deux interprètes aux trajectoires très différentes : Colman, habituée des univers d'auteurs comme Yorgos Lanthimos ou Florian Zeller, et Skarsgård, passé par des registres plus physiques (Tarzan, The Northman).
Sur Zoom, à quelques heures de l'avant-première londonienne du 8 octobre, les deux acteurs sont apparus complices et ont insisté sur la nature ludique et exigeante du projet. Olivia Colman a notamment souligné la difficulté et la poésie du travail d'acteur sur ce type de matériau où « tout transitait essentiellement par le regard, avec très peu de moyens ».
« On prend notre métier au sérieux, mais pas nous‑mêmes ! »
Cette remarque, prononcée par Colman, illustre le ton partagé durant l'entretien : sérieux quant aux exigences de la mise en scène et de l'interprétation; détendu et complice face au défi singulier d'incarner un personnage construit autour d'une armature en osier.
Un travail d'acteurs centré sur le regard
Le parti pris visuel et narratif de Wicker, tel qu'il ressort des propos tenus, repose sur une économie de moyens et une attention portée aux détails du jeu. Peu d'effets explicites sont mentionnés : c'est la présence, la finesse et la vulnérabilité des interprètes qui sont mises en avant. Olivia Colman a insisté sur la capacité rare à porter une « armature en osier » tout en restant touchante, intelligente et drôle.
- Film : Wicker
- Auteurs-réalisateurs : Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson
- Source littéraire : nouvelle d'Ursula Wills-Jones
- Présentation : 70e Festival du film de Londres (avant-première le 8 octobre)
L'association de Colman et Skarsgård séduit par son contraste : l'une issue d'un cinéma d'auteur britannique, l'autre connu pour des rôles où le physique est central. Selon l'entretien, ce contraste fonctionne non pas en opposant des styles, mais en créant une empathie commune envers les personnages et leurs fragilités.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Réalisation | Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson |
| Origine | Nouvelle d'Ursula Wills-Jones |
| Avant-première | 8 octobre, 70e Festival du film de Londres |
Enjeux et réception attendue
Wicker interroge des thèmes récurrents du conte contemporain : l'exclusion sociale, la quête d'humanité et la transformation par l'artisanat ou la magie. La sobriété évoquée dans l'entretien laisse penser que le film mise sur l'émotion ténue plutôt que sur les effets spectaculaires. Pour un public friand d'œuvres où le jeu d'acteur prime, la réunion de ces deux comédiens représente une promesse forte.
Sur la scène festival, la projection londonienne constituera un premier test en salle pour un film dont la force dépendra de la réception collective des regards et des silences qu'il met en scène. La présence médiatique des interprètes, tout comme leur complicité déclarée, sont déjà des éléments susceptibles d'attirer l'attention des critiques et du public.
À l'heure où le cinéma continue d'explorer des formes mêlant folklore, fable et réalisme social, Wicker s'inscrit dans une veine qui cherche à renouveler la manière de raconter l'intime et l'étrange. Reste à voir si, sur grand écran, cette fable convaincra par sa délicatesse autant que par son originalité.