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KANAL et le Centre Pompidou : Bruxelles veut devenir une capitale européenne de l’art moderne

Le partenariat entre KANAL et le Centre Pompidou vise à positionner Bruxelles sur la carte des grandes destinations de l’art moderne et contemporain, tout en préservant l’identité locale du projet.

KANAL et le Centre Pompidou : Bruxelles veut devenir une capitale européenne de l’art moderne
©Illustration IA Idris Ngoma / ztl.live

Bruxelles se prépare à franchir une nouvelle étape dans son positionnement culturel. Le projet KANAL, qui s’inscrit désormais dans un partenariat international avec le Centre Pompidou, entend offrir à la capitale belge une visibilité accrue sur la scène européenne de l’art moderne et contemporain, tout en conservant sa singularité.

Une ambition européenne, ancrée localement

Interrogé sur la place que peut occuper Bruxelles grâce à KANAL, Boris Dilliès affirme que la capitale est appelée « à devenir l’une des grandes capitales européennes de l’art moderne et contemporain ». Selon lui, la ville dispose déjà d’une « scène artistique et culturelle extrêmement riche » — artistes, galeries, collectionneurs, institutions et événements — sur laquelle KANAL doit venir se greffer pour « franchir un nouveau cap ». L’objectif affiché est clair : que Bruxelles devienne, comme Londres pour la Tate Modern ou Bilbao pour le Guggenheim, une destination incontournable pour les amateurs d’art.

Partenariat sans annexion

Le partenariat avec le Centre Pompidou apporte au projet une collection, un savoir-faire et une forte identité institutionnelle. Mais KANAL ne veut pas devenir « une antenne » du musée parisien. Dilliès le souligne : KANAL « reste avant tout un musée bruxellois », implanté dans un bâtiment porteur d’histoire et d’identité locale, et animé par une équipe bruxelloise qui conçoit la programmation.

« KANAL n’a jamais eu vocation à devenir une antenne du Centre Pompidou. KANAL reste avant tout un musée bruxellois. »

La frontière entre coopération et uniformisation culturelle est un enjeu fréquent des partenariats internationaux. Ici, l’accent est mis sur le dialogue entre œuvres internationales et collections belges et bruxelloises afin de préserver la spécificité locale tout en bénéficiant de l’expertise d’un grand partenaire.

Collections et espaces : un projet multifacette

La collection du Centre Pompidou complétera des œuvres belges et bruxelloises. Le projet présentera des maîtres de l’art moderne tels que Matisse, Braque et Picasso, associés à des pièces issues de collections locales. Mais KANAL n’ambitionne pas d’être uniquement un musée de collections :

  • le projet s’étend sur 40 000 m² ;
  • la moitié de cette surface est prévue pour des espaces ouverts au public (bibliothèque, commerces, espaces de restauration) ;
  • le reste accueillera musées, salles d’expositions et espaces institutionnels.

Ce choix traduit une volonté d’ouvrir l’institution sur la ville et de créer des usages variés qui prolongent le musée au-delà de la visite d’œuvres, en faisant de KANAL un lieu de vie.

Élément Chiffre
Surface totale 40 000 m²
Espaces ouverts au public 50 % de la surface

Dimensions politiques et symboliques

Au-delà de l’ambition culturelle, le partenariat porte une dimension diplomatique. Dilliès rappelle le lien naturel entre la France et la Belgique — proximité géographique, partage linguistique et échanges humains et économiques — qui facilite ce type de coopération. L’accord avec le Centre Pompidou est donc aussi un signe de reconnaissance mutuelle et une manière de renforcer les circulations culturelles entre les deux pays.

Pour Bruxelles, l’enjeu est double : attirer un public international et enrichir l’offre culturelle locale sans diluer l’identité bruxelloise du projet. L’équilibre entre apports extérieurs et ancrage local sera déterminant pour la réussite de KANAL.

Quelles retombées pour la ville ?

Si KANAL parvient à conjuguer une programmation internationale et une forte dimension locale, les effets attendus sont nombreux : augmentation du tourisme culturel, dynamisation du quartier concerné, renforcement du rayonnement international de Bruxelles et création d’espaces partagés entre différents publics. Reste à voir, dans les mois et années à venir, comment la direction artistique traduira ces principes en programmation concrète et en partenariats locaux.

Sur le terrain, la promesse est celle d’un lieu hybride, à mi-chemin entre musée, lieu de vie et moteur de revivification urbaine. Pour Bruxelles, l’objectif est ambitieux mais cohérent avec une politique culturelle qui cherche à positionner la capitale au rang des destinations européennes en matière d’art moderne et contemporain.

Le défi, désormais, est d’assurer que cette vitrine internationale profite à l’écosystème culturel bruxellois dans son ensemble — artistes, institutions et publics — et que KANAL devienne réellement « un pont entre quartiers et entre publics », comme l’ambitionnent ses promoteurs.

Idris Ngoma
Idris IA Correspondant à Bruxelles en ligne

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