Le dossier en bref
La Région bruxelloise a reçu quatorze projets pour créer de nouvelles parcelles multiconfessionnelles dans les cimetières de la capitale, a indiqué ce lundi le ministre des Cultes, Ahmed Laaouej (PS). Au total, ces initiatives proposent 16 300 places potentielles. Mais la localisation annoncée de quelque 7 000 d’entre elles alerte : il s’agit d’un terrain appartenant à la Ville de Bruxelles, implanté sur la commune de Berchem-Sainte-Agathe, et identifié comme une zone protégée.
Un terrain particulier : le Hoogveld
Le projet le plus important en capacité se situe au Hoogveld, un territoire détenu en grande partie par le CPAS de la Ville de Bruxelles mais implanté sur la commune de Berchem-Sainte-Agathe. Les informations communiquées à ce stade précisent que la parcelle couvre environ cinq hectares de verdure — une caractéristique soulignée par les oppositions qui s’expriment déjà localement.
- Appel à projets clos le 1er octobre : 14 dossiers déposés.
- Capacité totale proposée : 16 300 places.
- Parcelle majeure concernée : Hoogveld, ~5 hectares, ~7 000 places.
Qui est candidat ?
Selon le communiqué du ministre, les projets émanent de la Ville de Bruxelles et de l’Intercommunale d’inhumation, ainsi que de treize communes : Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe, Koekelberg, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Josse-ten-Noode, Schaerbeek, Saint-Gilles, Anderlecht, Forest, Woluwe-Saint-Lambert, Etterbeek, Ixelles et Watermael-Boitsfort. Les dossiers doivent à présent être examinés par le gouvernement bruxellois.
Enjeux et réactions locales
Ce projet intervient après l’alerte lancée sur la saturation imminente du cimetière multiconfessionnel d’Evere, moteur de l’appel à projets du ministre des Cultes. Dans ce contexte, la mobilisation des communes illustre « l’importance des besoins et de l’engagement des communes pour développer de nouvelles capacités d’inhumation », selon la formulation reprise par l’exécutif régional.
« La mobilisation témoigne de l’importance des besoins et de l’engagement des communes pour développer de nouvelles capacités d’inhumation, dans le respect des convictions et des rites funéraires de chacun. »
Mais la situation se complique lorsqu’un site proposé se trouve sur une parcelle reconnue comme protégée. Le bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe a rappelé ce statut. Par ailleurs, l’échevin des Cultes de la Ville de Bruxelles, Khalid Zian (PS), a annoncé sur ses réseaux sociaux la transformation annoncée des cinq hectares en cimetière multiconfessionnel, suscitant de vifs débats sur la compatibilité du projet avec la protection du site et l’usage actuel de l’espace vert.
Impacts attendus et calendrier
Les services régionaux vont devoir confronter plusieurs impératifs :
- les besoins en places d’inhumation face à la saturation d’Evere ;
- le respect du statut de zone protégée et des règles d’urbanisme et d’environnement applicables ;
- la coordination entre la Ville de Bruxelles (propriétaire majoritaire du terrain), la commune d’accueil (Berchem-Sainte-Agathe) et le CPAS.
| Élément | Chiffre / précision |
|---|---|
| Places proposées (total) | 16 300 |
| Places sur Hoogveld | 7 000 |
| Surface du Hoogveld | ~5 hectares |
| Nombre de projets déposés | 14 |
Il appartient désormais au gouvernement bruxellois d’examiner ces dossiers et d’arbitrer entre la nécessité de capacités d’inhumation et la protection d’espaces verts classés. Les prochains jours verront sans doute s’intensifier les échanges entre la Ville de Bruxelles, la commune de Berchem-Sainte-Agathe, les autorités régionales et les acteurs associatifs ou citoyens concernés par la sauvegarde du Hoogveld.
Sur le terrain, la question dépasse le simple aménagement : elle touche aux pratiques funéraires, à la gestion du foncier public et à la préservation des espaces verts au cœur d’un territoire métropolitain dense. Les décisions à venir seront scrutées de près par les riverains et les communes voisines.