Les actions ont plongé de 7,5 % vendredi après des commentaires de la direction d’un concurrent et la publication d’analyses tierces qui remettent en cause la rapidité d’adoption des câbles électriques actifs (AEC) de nouvelle génération à 1,6 térabit. Le mouvement boursier traduit des craintes d’élargissement de la concurrence et d’un calendrier de déploiement plus lent que prévu.
Un marché jusque‑là dominé, mais désormais contesté
Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, le PDG de MaxLinear, Kishore Seendripu, a indiqué que Credo détenait une part écrasante du marché des câbles AEC, mais que le secteur commençait à se « diversifier ». Il a précisé la stratégie de MaxLinear : fournir des composants en silicium aux fabricants de câbles et à d’autres fournisseurs plutôt que produire des câbles complets, en ciblant « un ou deux grands centres de données américains » pour capter une part du marché.
« Credo représente entre 93% et 99% du marché des câbles AEC », a déclaré M. Seendripu.
MaxLinear table sur une capture de marché de 20 % à 30 % du segment AEC 1,6T « au cours des prochaines années », selon le même intervenant, tout en restant prudent sur l’extension de ses efforts à d’autres centres de données.
Des données tierces tempèrent les attentes
Le cabinet Edgewater Research a de son côté fait état de « peu de preuves » d’un déploiement significatif à court terme de câbles AEC 1,6T dans les principaux programmes d’intelligence artificielle. Cette observation laisse entendre que les opportunités de revenus attendues par les investisseurs lors de la transition vers une connectivité plus rapide pourraient être retardées.
Edgewater a aussi mis en lumière un programme propriétaire de câbles AEC 1,6T chez Cisco Systems, qui sollicite des devis pour 100 000 câbles par mois. Le cabinet suggère que Cisco pourrait s’approvisionner en processeurs de signal numérique auprès de Broadcom ou MaxLinear, tandis que des fabricants d’assemblages, comme Amphenol et TE Connectivity, seraient pressentis pour la production des câbles.
Conséquences financières et industrielles
La combinaison de ces éléments — déclaration de concurrence accrue, incertitudes sur le calendrier des déploiements et ventes d’initiés mentionnées par les marchés — a contribué à la baisse nette du titre. Au‑delà du mouvement de marché, le secteur fait face à une recomposition potentielle : des fabricants de puces établis pourraient fournir des composants clés pour des déploiements à grande échelle, modifiant la chaîne de valeur traditionnelle des câbles AEC.
- Risque court terme : adoption retardée des AEC 1,6T chez les principaux programmes IA.
- Pression compétitive : entrants fournissant des composants plutôt que des câbles complets.
- Impacts industriels : possible recours à des assemblages tiers (Amphenol, TE Connectivity) et à des DSP fournis par Broadcom ou MaxLinear.
Pour les investisseurs, la lecture est double : la perspective d’un marché plus vaste à terme coexiste avec des incertitudes sur le rythme d’adoption et la part de revenus réellement accessible pour de nouveaux entrants. Pour les industriels, la question porte sur l’équilibre entre conception de bout en bout et spécialisation par étage (puce, assemblage, intégration).
| Indication | Valeur |
|---|---|
| Baisse du titre | –7,5 % |
| Part de marché Credo (estimation dirigée) | 93–99 % |
| Objectif MaxLinear sur AEC 1,6T | 20–30 % |
| Demande évoquée par Cisco (devis) | 100 000 câbles/mois |
La période à venir sera scrutée pour savoir si les commandes et les preuves de déploiement viendront confirmer un basculement rapide vers la connectivité 1,6T, ou si le marché restera davantage fragmenté et assorti de solutions propriétaires, freinant ainsi la croissance des acteurs positionnés sur des produits standardisés.
Sur le plan national, les acteurs français du secteur des composants et des interconnexions peuvent observer les signaux émis par ce rééquilibrage : il offre à la fois des opportunités de partenariat industriel et des risques de concurrence renforcée sur les marchés internationaux. Les prochains trimestres devraient apporter des éléments concrets sur les volumes de commandes et l’implication des grands équipementiers dans la standardisation ou la fermeture de leurs chaînes d’approvisionnement.