Plus de 120 personnes — salariés, familles de résidents et élus — se sont rassemblées mardi 20 octobre devant le siège départemental de l’Agence régionale de santé (ARS), à Tours, pour réclamer un soutien financier urgent en faveur d’Agevie. L’association, qui gère six structures d’accueil pour seniors, fait face à des difficultés financières si graves qu’elle pourrait être placée en liquidation judiciaire.
Une inquiétude partagée pour les emplois et les résidents
La manifestation, organisée en début d’après-midi, visait à alerter les autorités sanitaires sur le risque de fermeture de sites et sur les conséquences pour les salariés et les personnes accueillies. Claire Huez, déléguée syndicale FO chez Agevie, a insisté sur la crainte pour l’emploi et le bien‑être des résidents, pointant l’unité collective autour de la défense des établissements :
« Nous sommes inquiets pour nos emplois et nos résidents. Voir autant de monde – des salariés de l’ensemble des sites, des familles, des élus – cela est galvanisant. »
Des proches de résidents ont pris la parole pour souligner la qualité de l’accompagnement dans certaines structures. Christophe, dont la mère vit depuis trois ans dans l’une d’elles, a rappelé que pour ces familles l’Ehpad ne se résume pas à un lieu de confinement mais à un accompagnement actif, avec sorties et participation des proches.
Un modèle de prise en charge menacé
Le dossier d’Agevie est d’autant plus sensible que certaines de ses unités fonctionnent selon des modes d’accueil qui diffèrent d’un Ehpad classique. Le collectif d’aidants du hameau de la Thibaudière, cité durant la mobilisation, met en avant un cadre de vie et des pratiques qui, selon eux, justifient un effort pour préserver la structure. Dans leur lettre adressée à l’ARS, ils mettent en garde : sans soutien, ce modèle risquerait de disparaître.
« Vous avez une population âgée, souffrant de troubles cognitifs et modestes. Si l’ARS ne soutient pas la structure, c’est la mort du petit cheval. Comment va‑t‑on faire sans ? »
Une séquence de décisions attendue cette semaine
La mobilisation intervient alors qu’une série de rendez‑vous décisifs est programmée : une réunion entre la direction d’Agevie et l’ARS est prévue jeudi 22 octobre au soir, suivie, vendredi matin, d’une rencontre avec les représentants du personnel. Parallèlement, le conseil d’administration et un comité social et économique extraordinaires doivent se tenir pour statuer sur l’avenir de l’association.
| Date | Événement |
|---|---|
| 20 octobre 2026 | Rassemblement devant le siège de l’ARS à Tours |
| 22 octobre 2026 (soir) | Réunion ARS — direction d’Agevie |
| 23 octobre 2026 (matin) | Réunion entre l’ARS et les représentants du personnel ; CA et CSE extraordinaires |
Les demandes portées par les manifestants
Les personnes mobilisées réclament avant tout un soutien financier de l’ARS pour permettre à Agevie de poursuivre son activité et d’éviter la liquidation, avec comme enjeux : le maintien des emplois, la continuité de l’accompagnement des résidents et la préservation de modèles d’accueil alternatifs. Une pétition et des prises de paroles publiques s’ajoutent à la pression sur les autorités.
- Demande d’un soutien financier de l’ARS
- Protection des emplois et maintien des services aux résidents
- Reconnaissance et préservation des modes d’accueil spécifiques (hameau de la Thibaudière)
Un dossier emblématique des tensions actuelles dans le secteur
Le cas d’Agevie illustre des tensions récurrentes dans le secteur médico‑social : financements serrés, coûts de fonctionnement élevés, besoins spécifiques des populations âgées, et montée des risques de fermeture d’établissements de proximité. Les décisions à venir de l’ARS et des organes dirigeants de l’association auront un impact direct, tant sur le plan humain que sur l’organisation de l’offre d’accueil pour personnes âgées dans le territoire.
Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour les salariés et les familles mobilisés. Les réunions prévues permettront d’évaluer les marges de manœuvre financières et les solutions possibles pour éviter la disparition d’Agevie. En cas d’échec, la perspective d’une liquidation poserait des questions immédiates sur le reclassement des résidents et la reprise éventuelle des structures concernées.