Une vaste opération menée le 13 octobre en Martinique a abouti à l'interpellation de 12 personnes, mises en examen et placées en détention provisoire, dans le cadre d'une enquête visant un trafic international d'armes à feu. L'enquête, conduite par la brigade de répression du trafic d'armes du Service territorial de police judiciaire (STPJ), se déroule sous l'autorité d'un magistrat instructeur de la JIRS de Fort‑de‑France.
Une opération interdépartementale et sur plusieurs communes
Les interventions ont été effectuées simultanément au Lamentin, au François et à Rivière‑Salée. Plus de 80 policiers ont participé aux interpellations et aux perquisitions, appuyés par des unités spécialisées : les équipes du RAID de Martinique, ainsi que des renforts venus de Guadeloupe et de Guyane, l'Office antifraude (OFAST) et la gendarmerie.
Selon les éléments communiqués aux autorités judiciaires, l'enquête a mis en lumière des circuits d'approvisionnement internationaux reliant la Martinique à Sainte‑Lucie et aux États‑Unis, ainsi que des schémas de financement servant au transfert et à l'achat d'armements.
Saisies matérielles et financières
Les perquisitions ont permis la saisie d'un ensemble d'éléments matériels et de fonds :
- Près de 150 munitions et plusieurs chargeurs ;
- 35 000 euros en espèces ;
- Un véhicule et un bateau ;
- Environ 6 kg de cannabis, sous forme d'herbe et de résine.
| Éléments saisis | Quantité/description |
|---|---|
| Munitions | ~150 |
| Espèces | 35 000 € |
| Drogue | ~6 kg (herbe et résine de cannabis) |
| Véhicule / Bateau | 1 véhicule, 1 bateau |
Les armes identifiées au cours de l'instruction appartiennent principalement aux marques Glock et Taurus, selon les premiers éléments communiqués par les enquêteurs.
Une enquête toujours en cours
Après leur garde à vue, les douze personnes interpellées ont été mises en examen et placées en détention provisoire. Les investigations se poursuivent afin de préciser l'organisation du réseau, le rôle de chaque suspect et l'étendue des liaisons internationales mises en évidence par les enquêteurs.
Les magistrats et les services de police indiquent poursuivre notamment l'identification des canaux de financement et d'acheminement des matériels. Les autorités rappellent que les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d'innocence.
Contexte local
La lutte contre la prolifération des armes à feu figure parmi les priorités affichées par les autorités en Martinique, en raison des risques qu'elle fait peser sur la sécurité publique et sur la montée de la violence armée dans certains quartiers. Les saisies réalisées et les arrestations récentes illustrent l'importance des coopérations nationales et régionales dans ce domaine.
La coopération entre les services de l'État — police judiciaire, unités spécialisées du RAID, OFAST et gendarmerie — a été déterminante pour mener une opération de cette ampleur sur le territoire insulaire. Des volets de l'enquête pourraient, selon la juridiction, déboucher sur des poursuites complémentaires ou des enquêtes connexes en lien avec les pays évoqués dans les investigations.
Les autorités locales n'ont pas diffusé d'autres précisions pour le moment, invoquant le secret de l'instruction. La population et les acteurs institutionnels restent attentifs à l'évolution de ce dossier qui soulève, une nouvelle fois, la question des trafics transfrontaliers affectant la sécurité en Martinique.